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Alphonse Karr : Les amis font toujours plaisir; si ce n'est pas quand ils arrivent, c'est quand il partent.
Mon 1er Marathon de Paris
Posté par webmaster, le Vendredi 11 avril 2014 @ 21:11:49

(Lu 2117 fois)
Rechercher dans Chroniques et Billets d'humeur
atchoum écrit

"

 

Il est fait, c'était hier, c'était dur, très dur mais je l'ai fini et c'est déjà bien.

 

 

L'important c'est de participer, voilà. Je me suis inscrit à ce marathon avec en objectif une course en dessous de 4 h et si possible en 3 h 45 qui est la vitesse travaillée à l'entraînement. Après ma mésaventure Toulousaine, j'ai décidé d'aller au bout et de faire ce marathon coûte que coûte.

 

Samedi, les vingt ans de mon 2 e, le train à 18 h 00, Paris à 22 h 00, manger, essayer de dormir et se préparer pour cette belle journée...

 

 


 



 

Samedi, veillée d'arme

Un repas en famille agréable, la joie du fiston de voir tout ce monde réunit autour de lui. De bons plats, de bons vins et la petite frustration de servir tout cela mais de le trier pour moi : sucres lents ok, graisses et protéines peu, alcool quasi rien. Ce n'est pas très convivial mais ils savent que je n'ai pas trop le choix ou plutôt ils le devinent car ce n'est pas mon habitude. Ce marathon me stresse un peu, ma préparation m'a semblé moins dense, moins lourde que la fois précédente mais sur 10 km je cours bien mieux qu'il y a trois ans donc ça devrait être mieux. Au pire je fais 4 h 00 et voilà tout, me dis-je.

 

17h30, les invités s'en vont et ma femme et mes enfants m'amènent à la gare. 4 h 00 de train, de quoi lire le bouquin de Billat sur la physiologie de l'entrainement, dans sa version 3. Beaucoup de choses que je connais, d'autres que je crois connaître et enfin des infos partculières comme le travail au temps limite de la VMA. Cette chercheuse est assez carrée je trouve et passionnée, c'est beau. J'en suis au 2/3 à la fin du trajet (j'avais déjà commencé avant), le reste sera pour le retour.


21 h 40, Jean-Jacques est sur le quai. Il court demain lui aussi et m'amène mon dossard. Nous prenons le temps d'un verre : menthe à l'eau et jus de tomate ; c'est fête. On se motive, on fera ce qu'on peut mais on va le faire, jusqu'au bout.

 

22 h 45, j'arrive dans l'appartement de ma belle-soeur qui, pendant ce temps, dort chez moi à Bordeaux. Je mange mon gâteau sport, je bois mon malto, je (re re re) prépare mes affaires pour demain en fixant dossart, étiquette pour la consigne. Je vérifierai les check-list marathon sur le net : non, j'ai rien oublié je pense.

 

Une nuit segmentée : c'est l'heure ? Non, pas encore, dodo. Je n'ai mal nulle part, il me tarde.

 

Dimanche, le marathon est là

6 h 00 levé. Douche, petit déjeuner, re-check-list je tourne en rond jusqu'à 7 h 00. J'espère voir Jean-Jacques à la consigne à 7 h 30. 7h00 je suis dans le métro, une tête connue : vous aussi vous courez le marathon ? Un Bordelais de mes relations professionnelles. Il est avec un ami et sa soeur infirmière. Cette dernière râle : elle est blessée au genou et courra pas. Son ami fanfaronne : il court pour 3 h 30. Le Bordelais court... pour finir. Les gabarits ne sont effectivement pas les mêmes : objectif 3 h 30 c'est 1 m 68, 60 kg maximum, sec contre celui qui veut finir 1 m 90, 90 kg, musclé, pas très gras mais dense. Le marathon est cruel sur le physique.


7 h 30, je dépose mon sac à la consigne. Longue file pour la vidange. Zut, j'ai oublié ma casquette : le temps est beau, trop beau même. Je retourne récupérer ma casquette. J'ai râté Jean-Jacques, pas grave : on est pas dans le même sas. Je cherche Jean-Marc, un copain qui compte faire 3 h 45 et s'est mis dans le sas 3 h 30. Je ne le vois pas, je reste dans le 3 h 45 : objectif faisable, je le sens. Je suis bien, j'ai fait mon entraînement régulièrement, une séance loupée en 5 mois, le semi avorté ok mais sans conséquence vraie. Je suis là et prêt pour la course.

Marathon de Paris, c'est parti

8 h 50, départ des élites. Toutes les 5' de nouveaux départs. 9 h 50 ma vague part aussi. Je cours les 5 premiers kilomètres en 5'15", un chouïa trop vite mais autour de moi je suis doublé de tout côté. Ma femme me dira que j'ai été sur cette partie doublé par 10 000 personnes sur ces 5 km, alors que j'étais dans l'allure dite pour 3 h 45 et même un peu en haut (normale à 5'20"). 5 km suivants je ralentis et fais mon temps en 5'24", le soleil tape et il faut que je fasse une pause pipi à l'entrée à Vincennes, finalement je n'avais pas dû ralentir tant que ça puisque c'est le temps pause incluse. Je compte ma cadence : 1234 5 6 7 8, pas après pas. J'essaye de coller à une cadence avec des foulées courte en 100. Visiblement, j'y arrive.


1h15 de course, je vais bien mais je commence à sentir comme une lourdeur dans mes deux vastes externes. Je crois que le travail en cadence ne me réussit pas : j'ai déjà eu ces petites contractures lors des exercices spécifiques cadence et je commence à douter. N'aurais-je pas mieux fait de courir à ma cadence naturelle (80) plutôt que d'essayer ces foulées plus courtes, plus rapides mais surtout dites plus économes ? De toute façon c'est trop tard, c'est fait. Je continue mais je ralentis un peu la cadence pour épargner mes quadri. Je passe le semi en 1h58, je vais tenir pour 4h00 et voilà, ce sera déjà bien. Les contractures ne s'arrangent pas, je vais m'en arranger.


23e km, Véronique me rejoint : bouffée d'oxygène dans ce moment de doute. Elle va m'accompagner jusqu'au bout, c'est super gentil de sa part. Mon rythme prévu de 11,3 km/h l'effrayait, et là je la vois plutôt effrayée par ce rythme de 10 km/h que je maintiens douloureusement. Le 28e km se passe dans un tunnel, bruyant, noir avec de la musique techno : Apocalyptique. Je pense que le mur c'est ça : on est plus dans une course mais dans le ressenti de sa douleur. Je cours avec pour seule sensation cette douleur auditive, visuelle et physique, je vais au-delà. La sortie du tunnel est une bouffée d'air frais à tous les sens du terme : il était interminable.

 

30e km, quelques crampes apparaissent dans les mollets, ils ont travaillé pour compenser les quadri et ils commencent à flancher eux aussi, flûte. J'ai soif et mon camelbak ne me délivre pas assez de débit à mon goût, cette nouvelle poche avec son système "top du top" m'énerve un peu. Véronique me porte des bouteiles lors des ravitos et m'asperge : ça fait du bien. Chaque foulée est douloureuse, je lève les cuisses autant que je peux mais c'est à 8 à 9 km/h désormais et je double pourtant des coureurs par dizaines, arrêtés, marchant. C'est l'hécatombe de fin de course. Je m'arrête pour des étirements : une fois, deux fois, trois fois. Le 40e km est là, Véronique m'encourage à accélérer : pas possible, plus vite je crampe. Alors je traînasse, au mieux, jusqu'au bout, l'arrivée est là je donne ce qui me reste dans les jambes. Et l'arrivée est passée en… 4 h 30.

Moins bien que le marathon du Médoc d'il y a trois ans, avec une VMA à l'époque plus basse, une température plus chaude (35° C), un parcours plus exigeant et un encombrement bien plus fort de la chaussée au démarrage. Moins bien, ok : mais je l'ai fini et déjà c'est bien. Je suis content d'avoir été au bout et je le dois à tous les messages d'encouragement, d'amitié et de soutien de mes amis sportifs (ou non), je le dois aussi à Véronique : avoir quelqu'un à côté de soi, c'est une aide précieuse.

Au final, quelles leçons est-ce que j'en tire ?

La cadence, c'est certainement un plus et je dois désormais intégrer le travail de cadence dans tous mes entraînements. Une cadence plus courte, plus rapide : le gain est net en côte je trouve, moins net sur plat mais probable, je pense pas de gain en descente. Je m'y suis mis un peu trop tard par rapport à ce marathon et ma volonté de suivre une bonne cadence m'a grillé musculairement plus tôt que je ne le pensais.

 

L'Endurance, c'est là que cela a pêché. Je n'ai pas fait beaucoup de travail au seuil quand je regarde mon planning a posteriori. J'ai fait confiance au coach en ligne VO2OT et j'ai eu tort : il fait travailler la VMA, il fait travailler la vitesse spécifique mais ses sorties d'endurance je les ai trouvées souvent faciles et elles n'ont rien amélioré chez moi. Pour le Médoc j'avais fait des sorties au seuil régulières avec des 1000 m en accélérations répétés sur des volumes de séance de 2 h 00 à 2 h 30 régulières. Ici j'ai fait des sorties en volume uniquement les trois dernières semaines et mon planning fut mal fait avec un coach pas très présent ne répondant pas à mes demandes, à ses incohérences de planning.

 

Le mot de la fin pour l'analyse je le laisse à Fifi la moulinette, mon président de club toujours pertinent : "Ah ben oui, c'est sûr. T'as pas le physique d'un marathonien de toute manière hein". Et pan :) (NB : je fais 78 kg pour 1 m 80 avec une masse grasse de 6,4 kg).

 

Mon mot de la fin à moi, c'est un remerciement pour tous ces gens qui m'ont témoigné leurs encouragements, leur amitié, leur soutien pour que j'arrive au bout de ce marathon : ce sont eux qui sont arrivés au bout avec moi. Et, vous, les gens du forum : vous en êtes ! Bises




"
soleia
44691       
 
 

soleia
  Posté : 11-04-2014 21:19

3e récit de ce marathon de Paris, après celui de eric92
http://www.passioncourseapied.fr/viewtopic.php?topic=15934&forum=90

et celui de tayral
http://www.passioncourseapied.fr/viewtopic.php?topic=15932&forum=90

Ton récit montre bien combien le marathon reste une distance exigeante, sur laquelle on ne se présente pas en dilettante. Et même quand on se croit (bien) préparé, il y a toujours cette part d'inconnu qui peut faire basculer le chrono dans un sens comme dans l'autre !

On apprend toujours de ses échecs... nul doute que tu retourneras sur la distance

Bravo encore et merci pour ton récit

  Profil
eric92
12392      
 
 

eric92
  Posté : 14-04-2014 09:21

Bravo pour ce marathon et ce récit.
Comme le dit Soliea le marathon reste une distance difficile qui est sans pitié !
Je trouve que globalement ce marathon de Paris à fait beaucoup de "déçu" ! Effectivement j'ai l'impression d'avoir parlé qu'avec des personnes qui ont été au dessus de leur objectif !

Récupère bien et c'est dommage nous nous sommes pas vu.

Peut être une autre fois !

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